voici un poème que j'ai écrit en l'honneur de mon père disparu en mars 2011

 

Orage

 

Comme il faisait doux dans mon cœur, les pâquerettes étaient en fleur,

Les hirondelles chantaient gaiement : Je me serais crue au printemps,

 

Tu étais en automne, à peine, solide et vénérable chêne.

Chantait encore un martinet sur tes branches juste dorées.

 

Sous ton feuillage à l’abri, protégée des intempéries,

Moi jeune pousse à tes cotés, dans ton ombre, je grandissais.

 

Quand, soudain, le temps s’alourdit, un silence pesant se fit,

Surgit un jour sombre et mauvais : Un orage nous menaçait.

 

Quand, de sa foudre, la Faucheuse trancha tes racines noueuses :

L’impitoyable destinée à terre, alors, te fit tomber.

 

Mais la pluie jamais n’a coulé, les nuages n’ont pas crevé,

Le tonnerre n’a pas grondé, en silence, mon cœur saignait.

 

Puis l’orage s’est dissipé, le voile noir s’est retiré,

Mon horizon s’est éclairé  sur l’azur du ciel révélé.

 

Le soleil d’été, aujourd’hui, darde ses rayons sur ma vie,

Et inonde aussi les ramées qu’étend alentours la forêt.

 

Cette pluralité d’essences enrichira mon existence.

Auprès d’elle je grandirai et mon avenir construirai.

 

Et toi brillant à tout jamais au milieu de l’immensité,

Entre Sirius et Cassiopée, étoile dans la Voie Lactée.